Jours tranquilles à Clichy

Jours tranquilles à Clichy

Henry Miller

« – Laissez-moi. Vous êtes un sale cochon. On entendit la porte claquer. Elle était partie. – Voilà ta beauté scandinave, dis-je. – Ouais, ouais, marmonnait Carl, marchant de long en large, tête baissée. C’est moche, c’est moche, répétait-il. – Qu’est-ce qui est moche ? lui demandai-je. Ne sois pas ridicule. Elle ne s’est jamais autant amusée de sa vie. Il se mit à glousser comme un fou. – Et si elle avait la chaude-pisse ? dit-il, et il courut du côté de la salle de bains. On l’entendait se gargariser bruyamment. – Écoute, Joey, cria-t-il, tout en crachant, qu’est-ce que tu crois qui l’a fâchée comme ça ? Parce qu’on riait si fort ? – Elles sont toutes comme ça, dit Corinne. La pudeur. – J’ai faim, reprit Carl. Allons-nous asseoir et prendre un second repas. Peut-être qu’elle changera d’idée et reviendra. Il se murmura quelque chose à lui-même, puis il ajouta, comme s’il faisait le bilan – Ça n’a pas de sens. » Henry Miller

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Brice Matthieussent.

Catégories : , , Product ID: 5180